Joseph Adjahi
 |
Vu en mai 2009, le Bénin n’a pas fondamentalement changé. La bonne chaleur des 30° au sud et 35°-40° dans le septentrion est omniprésente.
La période mars-juin marque la grande saison pluvieuse au sud du pays. Tout le monde cultive son jardin. Malgré l’afflue des jeunes dans les grandes villes à la recherche du travail, il y a toujours des agriculteurs qui font vivre le pays. La récolte se fait entre juillet et août. Le Bénin, pays de savane ne peut souffrir de famine. Il manque plutôt de matériel et de fonds. C’est une autre histoire.
Ce qui est préoccupant à l’heure actuelle, c’est l’attitude des hommes politiques. Les prochaines élections présidentielles (le Bénin est un pays démocratique à régime présidentiel) auront lieu en 2011. Mais c’est surprenant de constater que tout le pays politique est en campagne électoral depuis ce printemps 2009. Tout acte administratif posé par les gouvernants, tout discours normalement simple, tout comportement social de l’Etat lorgne visiblement du côté des consultations de 2011.
La population s’en plaint ; les syndicats font semblant de le dénoncer ; les paysans le subissent ; cela donne des migraines aux béninois de l’extérieur et certains partis politiques s’enragent avec véhémence.
Les salariés du secteur public et semi public se raidissent contre cette situation. Les enseignants grognent plus que jamais, pourtant les examens de fin d’année se sont bien déroulés; les hospitaliers sortent à peine de trois mois de grèves perlées ; le secteur financier de l’Etat fait entendre des grognements assez sourds. Ca gronde sous toutes les tentes car chacun veut tirer profit de la gabegie du pouvoir public qui veut amadouer tout le monde, élections de 2011 obligent.
La crise dite mondiale du secteur bancaire et financier est à peine perceptible au Bénin. Cela s’explique par le fait que l’économie béninoise est majoritairement informelle et le secteur bancaire ouest-africain n’est qu’un appendice du monde bancaire européen.
Malgré ce climat politico administratif visiblement lourd, la population béninoise vit paisiblement. Les Béninois sont peut-être pauvres, mais ils ne sont ni affamés, ni miséreux.
Aux dernières nouvelles des pluies diluviennes s’abattent sur tout le pays depuis le mois de juin. Les villes côtières (Cotonou, Godomey, Calavi…) sont fortement inondées ce qui est fort perturbant pour les populations et donne l’insomnie aux magistrats élus.
Joseph pour EPFB
|